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20 janvier 2009

Au bagne et en prison Outre-mer

Archives des bagnes de Guyane, de Nouvelle-Calédonie et de la prison de Saint-Pierre-et-Miquelon (1864-1958)

En 2008, le musée national des prisons de Fontainebleau a versé aux archives du ministère de la Justice quinze registres anciens et un carton rassemblant des documents sur le bagne de Guyane, la colonie pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie et la prison de Saint-Pierre-et-Miquelon. Après classement et élaboration d'un instrument de recherche, ces archives viennent d'être transférées aux Archives nationales d'outre-mer dont la vocation est d'accueillir les archives de l'histoire coloniale française et de la présence française en Algérie.

L'histoire mouvementée de ces documents explique leur versement tardif dans un service d'archives. Lors du déménagement des administrations de la Guyane entre 1951 et 1969, les archives du bagne de Guyane et de la prison de Saint-Pierre-et-Miquelon ont été entreposées dans les greniers de la maison d'arrêt de Saint-Martin-de-Ré. La plus grande partie du fonds a rejoint en 1986 les Archives d'outre-mer, sauf quelques documents – ceux qui sont versés aujourd'hui – transmis par la suite au musée national des prisons de Fontainebleau. Quant aux deux registres de la colonie pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie, clos en 1901 et 1910, ils sont restés à la maison d'arrêt de Nouméa jusqu'en 1992.

Ce versement, quoique d'une taille réduite (1,30 ml), se révèle d'une grande richesse pour les historiens. Ces sources viennent en effet utilement compléter la série H des Archives nationales d'outre-mer consacrée aux bagnes et qui compte déjà plus de 760 mètres linéaires d'archives de 1852 à 1953 :

  • Pour le bagne de Guyane, onze registres matricules de 1912-1913, 1919 et 1922-1923, retracent les parcours individuels des bagnards. Par ailleurs, quelques éléments de dossiers individuels ont également été versés, en particulier celui de François Joseph Charrière, dit Papillon.
  • Les deux registres provenant de la prison de Saint-Pierre-et-Miquelon permettent de suivre sur une longue période, de 1873 à 1958, les effectifs de ce qui fut successivement une prison militaire, une prison civile, une maison d'arrêt et enfin une maison de justice.
  • Deux registres concernent la colonie pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie présente de façon fort lacunaire parmi les fonds conservés aux Archives d'outre-mer. Le registre du conseil privé tenu de 1876 à 1910 garde la trace de la gestion des baux et des concessions. Quant au registre d'écrou des travaux forcés des femmes de 1876 à 1901, il se révèle particulièrement intéressant car les dossiers des femmes de cette période ne nous sont que rarement parvenus.

Ces archives historiques seront conservées définitivement aux Archives nationales d'outre-mer à Aix-en-Provence où les historiens pourront les consulter. Aujourd'hui, le fonds est librement communicable.

Pour en savoir plus sur les bagnes , consulter :

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